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Rapport accablant du Sénat sur le contrôle aérien français

Publié le:  mardi, 19.06.2018

Les grèves à répétions des contrôleurs aériens, champions d’Europe de la discipline, sont l’épiphénomène qui occulte une situation du contrôle aérien français jugée « inquiétante » par le sénateur Vincent Capo-Canellas, auteur d’un rapport d’information, sans concession, sur la modernisation des services de la navigation aérienne. Dans son rapport (18 juin 2018), le sénateur Capo-Canellas pointe trois défis auxquels doit s’attaquer le contrôle aérien français : l’obsolescence des systèmes de la navigation aérienne de la DSNA, la productivité trop faible des contrôleurs aériens français et les grèves des contrôleurs aériens.

Evacuons d’emblée la question des grèves des contrôleurs aériens pour s’intéresser au cœur du problème qu’est le « décrochage » technologique de la direction des services de la navigation aérienne (DSNA) de la direction générale de l’aviation civile (DGAC). Selon le sénateur Vincent Capo-Canellas, « la situation actuelle du contrôle aérien français est inquiétante de par l’obsolescence de ses systèmes qui, si elle ne pose pas de problème de sécurité, crée de nombreux retards et conduit la France à être pointée comme un élément bloquant du Ciel unique européen. »

Les grèves d’abord
Les grèves des contrôleurs aériens français ont représenté de 2004 à 2016, 67 % des jours de grève des contrôleurs aériens en Europe. Sur cette période, la France a, en effet, enregistré 254 jours de grèves des contrôleurs aériens, contre 46 pour la Grèce, 37 pour l’Italie, 10 pour le Portugal et 4 pour l’Allemagne. « Chaque jour de grève en France a un impact sur le trafic aérien européen beaucoup plus important que pour les autres pays européens, puisqu’il est évalué à 35.000 minutes par jour de grève contre 1.800 en Grèce, 4.300 en Italie et 4.100 au Portugal. » Selon le rapport, si la densité du trafic dans l’espace aérien français doit être prise en compte, ce phénomène s’explique avant tout par la propension des contrôleurs aériens français à faire grève toute la journée, là où leurs homologues européens ne font grève que quelques heures, ce qui perturbe nettement moins le trafic.Le rapport souligne que « L’une des spécificités des grèves des contrôleurs aériens français est la fréquence des conflits sociaux qui ne portent pas sur des revendications spécifiques à la direction générale de l’aviation civile (DGAC) mais constituent des manifestations de solidarité avec le reste de la fonction publique, voire avec les salariés du secteur privé, dont les problématiques sont pourtant éloignées de celles des ICNA. »

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Le rapport dans son intégralité ICI.

(aerobuzz.fr, photo : navcanada)