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Le Brexit est en marche mais la marche sera longue – conséquences pour l’aviation

Publié le:  mercredi, 15.03.2017

brexitAvec l’adoption par la Chambre des Lords hier soir du projet de loi autorisant le déclenchement du processus de Brexit, la Première ministre britannique Theresa May va désormais invoquer l’article 50 du traité européen de Lisbonne avant la fin mars. Les négociations liées au retrait effectif du Royaume-Uni de l’Union européenne vont enfin permettre d’en savoir davantage, tant les incertitudes demeurent depuis le résultat du référendum de juin dernier.

Elles vont aussi permettre de savoir si le secteur aéronautique européen ne va pas y laisser des plumes, aussi bien du côté de l’industrie que du côté du transport aérien, les négociations s’annonçant déjà comme extrêmement longues et complexes.

Il semble cependant désormais acquis que les investissements dans le secteur de l’industrie aéronautique britannique vont continuer à ralentir au cours des prochains mois, au moins jusqu’à entrer dans le noyau dur des négociations commerciales. Ce n’est évidemment pas une bonne nouvelle quand on connait les impératifs de ramp-up pour les avions commerciaux, et pas que du côté d’Airbus. Pire, sans ces investissements, difficile d’imaginer une industrie britannique compétitive pour la prochaine décennie.

Pour le transport aérien, les choses semblent cependant déjà plus concrètes. Selon un rapport de l’agence de notation Moody’s paru le mois dernier, le nombre de passagers empruntant les aéroports britanniques devrait connaitre une croissance deux fois moins importante que prévue au cours des deux prochaines années, notamment avec un ralentissement attendu au niveau des liaisons point à point pour cause de dépréciation de la livre sterling. Pour l’IATA, les conséquences du Brexit pourraient tout simplement provoquer une baisse du nombre de passagers au Royaume-Uni de l’ordre de 3 à 5% d’ici 2020.

En théorie, les transporteurs britanniques devraient bénéficier d’un statut proche de ceux présents dans l’espace européen aérien commun (ECAA), mais rien en revanche ne laisse pour l’instant présager ce que deviendront réellement les relations entre l’Autorité de l’Aviation Civile Britannique (UK CAA) et l’EASA (problématique des certifications, des licences…) ou encore l’appartenance du Royaume-Uni au programme SESAR.

C’est à se demander si deux ans seront finalement suffisants pour cette procédure de divorce. (Journal de l’Aviation)